histOIRE

DES BÂTIMENTS

BÂTIMENT
DES SYNDICATS

HISTORIQUE

Originellement, immeuble résidentiel bâti en 1903 destiné au logement de certains cadres de l’administration du domaine minier de l’usine allemande de Rombas. Dans l’entre-deux guerres, le bâtiment abrita divers bureaux d’usine avant de devenir la « Maison des Syndicats » après la Seconde Guerre mondiale.

Immeuble quadrangulaire à une élévation. Toiture à deux pans avec petites mansardes. Façade d’honneur à 3 légers avant-corps-pignon aux combles aménagés. Bâti sur caves avec soupiraux. Soubassement à bossages rustiques.

DESCRIPTIF

Bâtiment historié par références à plusieurs architecturaux. – Néo-classique: travées articulées en symétrie par trois; fronton triangulaire du pignon central et des petites mansardes. – Néobaroque: (style « national » de la classe moyenne en Allemagne au début du XXè siècle): les deux pignons chantournés des avant-corps latéraux. – Historicisme architectural « allemand » de l’immeuble par emploi de certains matériaux telle la brique ( ici brique de laitier produite comme la tuile à l’usine ) très caractéristique de la période GUILLAUME II (Empereur de 1890 à 1918); par l’élégance de l’architecture en ses rythmes (symétrie des travées, fenêtres géminées des pignons etc); l’animation des couleurs (couleur grise des briques en contraste au rose-rouge des tuiles, jaune (des pierres de Jaumont) de l’encadrement des travées et de la mise en valeur-relief du soubassement etc); par l’iconographie des pinacles-pignons latéraux (marteau et pic du mineur entrecroisés à gauche; chronogramme «1903 » à droite).

Ce bâtiment est destiné à devenir la Maison du Projet

BÂTIMENT
ENERGIE

HISTORIQUE

Bâtiment industriel (début XXè siècle) aux premières fonctions dites « Modelage » (période allemande et entre-deux-guerres), puis « Menuiserie » (après 1945) et pour finir « Bâtiment Énergie », sans doute à partir de la fermeture (1954) de l’ancienne centrale électrique à gaz, au profit du courant venu de la nouvelle centrale de Richemont.

« Modelage », c’est-à-dire moulage, et menuiserie rappelant la réalisation de moules de fonderie, souvent à partir de gabarit de bois où négatif en creux, à « noyauter » par remplissage de sable tassé avant coulée de fonte.

DESCRIPTIF

Vaste bâtiment (52x26x14m) édifié à partir de 2 halles longitudinales contiguës (ouest-est), mais l’une moitié plus courte (sud). Ossature-pilastres à poteaux-porteurs en béton armé et à remplage de briques grises de laitier. Toit terrasse, initialement à lanterneau. Pignon d’extrémité de chaque halle à deux marches d’escalier. (La plus grande jadis surpassée à l’arrière d’une haute cheminée).

Rajout, 2 ou 3 années plus tard, d’un avant-corps de même longueur que la façade principale ouest et aux 2/3 de sa hauteur. De fait, laissant à peine entrevoir les 3 travées sous pignon de chaque halle. Symétrie de 2 fois 4 ou 5 travées en façade d’honneur dont 2 portes piétonnes au rez de chaussée.

Remarquable rigueur et symétrie de l’ordonnancement architectural de l’ensemble du bâtiment. Un peu à l’image de certaines casernes allemandes messines juste antérieures (casernes rue de Belle Îsle (1862 à 1885) ou rue De Lattre De Tassigny (1890 à 1893). Architecture en effet très personnalisée par son éclectisme et ses multiples références aux principes de la fortification militaire.

En façade principale: poteaux-d’angle à sommet « tours-échauguettes »; fausse balustrade à fenêtres borgnes imitant créneaux et merlons; petits carrés ajourés « niches de tir »; pignon « d’observation et de défense » à tours d’angle et flanquées de bretèches sur mâchicoulis. Avec décor de 4 archères au centre…Pris isolément et ainsi paré d’artifices militaires, chaque pignon (arrière y compris), donnant l’illusion d’un sorte de forteresse en réduction!

Pareille massivité « défensive » en façades latérales au choix résolu du compartimentage. Compartimentage par l’importante corniche à encorbellement et frises géométriques très inventives en briques; compartimentage des poteaux-contreforts et du large bandeau central; compartimentage des 2 fois 10 travées (dont 2 portes piétonnes) à embrasement-ressauts suggérant des « fenêtres de tir ».

Seules atténuations portées aux rigueurs militaires et sévérité du bâtiment de briques, les travées de l’avant-corps en arc de plein cintre. Arc de plein cintre et briques: deux éléments d’emprunt à l’architecture moyenâgeuse si chère à l’Empereur Guillaume II.

Ce bâtiment est destiné devenir un PÔLE ÉCONOMIQUE D’ACCOMPAGNEMENT des porteurs de projets du territoire.

ATELIER
LOCOTRACTEUR

HISTORIQUE

Avant-propos : fer et civilisation industrielle

Sans le fer, matériau nouveau, la révolution industrielle (fin XVIIIè-XIXè siècle) n’aurait pas été. Maîtrise du fer et architecture industrielle permirent en effet de répondre à la nécessité impérieuse, surtout à considérer l’industrie lourde, de bâtiments- usine tout-à-la-fois plus vastes, aériens (pour accroître la surface utile au sol), et suffisamment éclairés et ventilés. Piliers de fonte, puis poteaux de fer; poteaux-porteurs en béton armés; ossatures et charpentes métalliques aux fermes d’un portée de plus-en plus grande; vitrages muraux ou verrières zénithales etc, confèrerent alors rapidement une monumentalité incroyable aux ouvrages d’art, comme aux constructions industrielles.

Pour preuves, le gigantisme de l’usine sidérurgique complète de Rombas, dont la densité des bâtiments industriels atteignit son paroxysme au temps des Trente Glorieuses.

Un attachement historique affiché par les Portes de l’Orne, en leur décision de réhabiliter à terme deux ensembles proprement industriels parmi les derniers encore existants: les anciens « Ateliers Locotracteur » et « Magasin Général ».

Il présente encore un ensemble de trois halles accolées nord-sud, mais construites à différentes époques et destinations. La première (85x15m) après 1890; la seconde sur le même modèle après 1903. Suite au retour à la France de 1918, les deux halles formant l’« Atelier principal » se voient alors adjoindre perpendiculairement au sud, deux halles de longueurs identiques mais plus étroites.

Toutes deux constituent l’« Atelier de Construction Métallique » et sont secondées d’un bâtiment industriel plus modeste appelé « Magasin Central ».

Enfin, durant les Trente Glorieuses, tandis que la partie sud abrite désormais une « Chaudronnerie », mais toujours accompagnée du petit « Magasin Central » (cette partie sud ne sera pas conservée), une 3ème halle plus moderne et plus large est jointe côté est aux deux plus anciennes. Celles-ci sont alors modernisées pour abriter toutes les trois l’« Atelier Mécanique » avant de devenir « Atelier Locotracteur ». Et ce, jusqu’à la fermeture définitive de l’usine.

DESCRIPTIF

Ensemble de 3 halles offrant une superficie utile au sol d’environ 4000m² et remarquable en sa clarté.

Structure constructive sur poteaux-porteurs fer à treillage soutenant la charpente métallique.

À l’intérieur, malgré l’effort de modernisation, axes encore bien visibles des trois halles, par la présence de trois fois deux chemins de roulement sur poteaux des anciens ponts roulant.

Toit des 2 anciennes halles rénovées (naguère à lanterneau) en combinaison assemblage d’éléments métalliques linéaires (poutres, poutrelles etc). Toit à shed unique soutenu par fermes métalliques pour la halle la plus récente.

Importants vitrages muraux et verrières zénithales des 3 halles, en bandes longitudinales pour les 2 plus anciennes. Une ancienneté d’ailleurs démontrée au nord par conservation de leurs murs-façades à ossatures d’origine. Vu de l’extérieur; chaque mur identique sur plan assise à 3 segments octogonaux, à ossatures-pilastres (piliers-porteurs), et maçonnerie- remplage en briques de laitier. Briques utilisées de surcroît, au jeu de fort belles frises géométriques (corniches, arcs de plein cintre des baies), et dans l’animation d’un décor -comme pour le bâtiment « Énergie »- aux références venues tout droit du vocabulaire de la fortification militaire.

Une étude de vocation est actuellement en cours pour déterminer le devenir de ce bâtiment.

LE BÂTIMENT DU
MAGASIN GÉNÉRAL

HISTORIQUE

Un bâtiment dit « Central » massif et haut, flanqué de deux immenses halles. C’est ainsi qu’apparaît toujours cet ensemble industriel étonnant qui fut «Magasin Général » en sa dernière affectation. Peut-être la moins intéressante! Tant la richesse de son histoire est à elle seule l’une les plus belles démonstrations de l’avènement de la seconde révolution industrielle en général, et de l’évolution de l’usine de Rombas en particulier.

Une histoire dont la genèse fut la construction en 1900-1901, presque au pied de la ligne des hauts fourneaux, d’une halle remarquable en ses dimensions (160 de longueur!) et prouesses techniques. Et avec une tour au-devant! Une tour carrée, de style « néo-médiéval » très en phase avec l’historicisme architectural de l’époque.

Mais pourquoi une mise en valeur aussi excessive? Eh bien, pour signaler l’installation d’une usine au service d’une nouvelle technologie de pointe: l’utilisation de moteurs à gaz en remplacement des bonnes vieilles machines à vapeur! Moins puissantes, moins pratiques d’emploi, en mot moins efficaces. Une usine utilisant, après stockage en gazomètres, du gaz épuré en provenance des hauts fourneaux, au lieu de son échappement dans la nature. En retour, une énergie-gaz largement plus performante au chauffage des cowpers, au fonctionnement général des hauts fourneaux (dont le dernier, le n° 7, mis à feu en janvier 1902) ; à l’actionnement de diverses installations, et même source d’un nouveau mode d’éclairage (par ailleurs, adopté aussitôt par la ville de Rombas).

Oui, mais voilà! À peine construite, l’usine à gaz parut soudain dépassée…faute à l’énergie électrique! Une énergie rivale pourtant déjà bien connue, mais dorénavant productible sur place, à partir de la transformation du gaz en courant par moteurs-alternateurs à gaz.

Que fallait-il faire?…Rester à la pointe de la modernité emporta la décision!

Qui plus est, la reprise de l’économie européenne dès 1902, les avantages énormes de l’électricité, rapportés en particulier à l’usine de Rombas (facilité de transport, éclairage; fonctionnement des hauts fourneaux en constante modernisation; fonctionnement de la nouvelle aciérie Martin créée en 1902; des laminoirs; d’innombrables machines à moteurs électrique; progrès décisifs dans l’exploitation minière etc)…commandèrent la construction immédiate d’une « centrale à gaz ».En prolongement de l’usine à gaz, dont certaines fonctions furent cependant maintenues.

L’installation de la centrale à gaz débuta dès 1903, par l’édification en perpendiculaire à la grande halle et sa tour au-devant, d’un bâtiment et d’une nouvelle halle. Un bâtiment quadrangulaire peu large mais long, imposant, et flanqué côté ouest d’un halle, très vite agrandie pour atteindre avant 1914, une longueur d’environ 100 m. Et leur faisant face et à leur service, plusieurs énormes gazomètres.

La « Centrale à gaz » de l’usine de Rombas fonctionna de 1904 au moins jusqu’en 1954, date du démarrage de la « Centrale électrique thermique » de Richemont. Laquelle, mais par tranches successives, atteignit son plein rendement en 1960.

Déclassée, l’ancienne « Centrale à gaz » devint alors « Magasin Général ». Quant à la « tour néo-médiévale », devenue un inutile symbole, elle fut abattue à la fin des années 1950.

DESCRIPTIF

DE L’IMAGINAIRE ALLEMAND…

Impressionnant ! Voilà comment se dresse fièrement l’imposant « Bâtiment Central » nanti de ses deux immenses ailes. Presque une forteresse ceinte de murailles et aux entrées verrouillées de deux puissants donjons-porches. Et dont pour un peu se verrait encore herses et ponts-levis!

Côté nord, un donjon tout-à-la-fois haut de plus de 30 m; massif en ses énormes piliers d’angle…devenus de véritables contreforts en porte forte arrière; sévère en son architecture médiévale et militaire avec ses ouvertures défensives; austère en son parement de briques grises; rigoriste par la monumentale figuration d’une croix en tau dite de saint Antoine sur sa face.

Pareilles impression ressentie au regard des façades-murailles des extensions latérales. Et notamment de la plus grande vue au levant. Forte et arrogante en ses hauts murs à séquencespiliers; son bandeau à encorbellement de briques-mâchicoulis; sa rangée inaccessible de baies romanes en plein cintre; son toit à deux pans difficilement repérable.

Au visiteur, le rêve éveillé d’une forteresse sortie tout droit du Moyen Âge. Le château féodal d’ landgrave de haute noblesse, ou tenu par quelques redoutables chevaliers moines-soldats de l’Ordre teutonique ! Une usine, en réalité !

…AU RETOUR A LA RÉALITÉ

Monumentalité remarquable de l’ancien« Magasin Général » ou ensemble d’un bâtiment central à 2 halles latérales immenses.

Long « Bâtiment Central » (35x10x30 m) en piliers-porteurs béton armé à remplage briques laitier. Façade principale à 2 élévations de 2 grandes baies droites; frontons triangulaires; larges porches en plein cintre. Murs latéraux à ossature-fer garnis de briques; rangée de baies presque sous toit; toiture à 2 pans (naguère à 2 lanterneaux) soutenu par fermes métallique rivetées. Halle est (conservée) à piliers-porteurs béton et remplage briques-laitier. Rangée unique de baies en plein cintre sous toit. Intérieur sombre, fermes à structures métalliques légères toiture à couverture plaques-tôle.

Une étude de vocation est actuellement en cours pour déterminer le devenir de ce bâtiment.